mein haus

Petit texte de Noël.

mât miné, mer mue, meubles minimes, maison mastiquée, me manque, mamma mia, mamma mia, mia merda me mine, mère-milice, mère molle, mère mitigée, mère morte, mille millions de mimis manqués, misérable, misérable, mue en moi, me secousse, ma mer, me meut, mitraillette, mygale, miter, momifier, moudre mes mèmes, mers de mammas-mias moulues, momifier mâle, mâle merde, maison dingo, donald duce, mein haus, mein haus, meine mühe, oh meine mühe, oh meine minnie, mach mich, mach mich minnie, mach mich frei, meine minderheit, meine merda, mein papa pato, mein papa duce, mein papa pig, mangia, mangia, mangia mia merda, mangia misérable, mangia mes mèmes

conjugaison des verbes

accélérer, comprendre, se mobiliser, conjuguer des verbes, conjuguer des parties de corps le matin, aller mobile au bout de la vie, se lever du sol froid et commencer à conjuguer ses verbes, chaque jour et chaque soir, se lever pour conjuguer des sons dans la vie, regarder les traces blanches dans le ciel, toucher les peaux, surtout conjuguer les verbes vers l’extérieur, tous les verbes, toutes les fois, et courir, dépasser son ombre, accélérer, comprendre, se mobiliser, s’être levé du sol froid, avoir noté les mots à conjuguer sur ta peau aujourd’hui, trouver le mot-sillon qui mène au bourdonnement chimique, s’être levé penché-courbé-digne, s’être mobilisé avec des verbes, renifler, sortir un mouchoir, se moucher, faire des verbes d’action avec ton corps, ce qui est respiré est derrière toi, c’est déjà ça, n’oublie pas que les poumons gèrent leurs stocks, ils sont élastiques, ils foncent droit devant, et toi lève ton corps, endors-toi en conjuguant des verbes, dépose un baiser sur le front de l’enfant, chaque soir et chaque nuit, avec tes poumons, note les transformations, écris la liste de tous les mouvements, l’enfant sous tes lèvres chaque soir dans tes pensées, qui faisait des verbes avec son corps, qui expulsait du souffle vers l’extérieur, maintenant tu déposes un baiser sur son front, une petite silhouette en mouvement sur tes lèvres, fais craquer tes os, expulse l’air à partir du sol froid, ensuite lève le corps et mobilise-toi, tous les jours, un baiser et un verbe, cristallise des séries de mouvements brefs, fais-le plusieurs millions de fois par jour, vers l’extérieur, toujours vers les traces blanches dans le ciel, et l’enfant en mouvement, un baiser sur sa tête, lui parler en verbes purs, sans accords, sans pronoms, accélérer, comprendre, se mobiliser — réveille-toi profondément, et cours fort fort fort devant ton ombre

Love Chain

omg, l’idée est de cliqué j’aime pour devenir un automate géant, celui ou celle qui parviens à se transformer en automate géant peux appeler ses amis pour qu’il viennent s’amuser avec lui, on va bien rigoler, alors tous les gens doivent être nu dans le jardin et vous devé leur coller des insultes imprimées sur le corps, si quelqu’un a été battu pendant l’enfance s’est mieux, le premier qui se fige a perdu et vous devez le castrer ou lui couper un scein, il ne vous reste plus qu’à forwarder des morceaux de testicules et de graisse à cinq de vos proches sur leur wall lol, chaque nouvel ami accepté pourra contempler l’étendue de vide qui palpite au pied de son lit le matin #lovechainFB

star wars

star wars putain, putain star wars, star wars c’est bien putain, c’est pas bien putain star wars, j’ai vu les mots putain, putain j’ai vu les mots sur ton mur, c’était écrit star wars, j’ai vu que star wars c’était pas bien en mots putain, il y a star wars en mots partout sur les murs, partout il y a des wars putain, je ne suis pas pour les wars ok, on est tous une star aujourd’hui, viens avec moi viens je t’aime, j’ai entendu tes mots sur star wars sur ton mur, j’ai vraiment vu star wars sur ton mur, je t’aime putain, vraiment j’aimerais que tu m’aimes, star wars putain c’est bien, c’est putain de bien star wars sur ton mur, je ne t’aime pas c’est ton mur la star, c’est lui seul, ton mur c’est la star c’est la vraie war, l’abreuvoir sur ton mur, moi je veux bien venir d’accord putain, je ne suis pas pour les wars ok, d’accord putain mais il y a star wars, star wars c’est bien, alors viens sur mon wall, viens dire des mots sur mon wall, vas-y, il y a des mots sur star wars partout, c’est d’accord tu viens maintenant, alors on est sur mon mur, il n’ y a pas de mots, je ne sais pas le dire, c’est quoi les mots qu’il faut dire maintenant, viens sur mon mur, star wars c’est bien, y a pas de mots, vous êtes fous y a pas de mots putain star wars, y a pas de mots pour décrire mon mur, putain star wars sur mes lèvres, star wars sur mes lèvres ça sonne bien, y a pas de mots pour le dire, on y va, d’accord, je t’aime, nous sommes ensemble sur ton mur, s’il te plaît dis-moi des mots, mais oui ensemble, star wars c’est bien putain je suis d’accord mais viens sur mon mur pour le dire, alors tu m’aimes, je t’aime bien star wars mais je peux pas dire, je peux pas dire que, putain comment dire, c’est bien, je veux dire que c’est bien ok, c’est putain de bien

douce nuit

acheter, acheter, expulser, respirer, broyer, circonscrire, contaminer, taire, acheter, effleurer, caresser, vendre, le ventre, l’estomac, réduire, adoucir, impressionner, dilater, enfoncer, produire, acheter, remplir, les organes, emboutir, attiser, s’inscrire, assister, être présent, flotter, ignorer, brûler, le ventre, le ventre, écrire, acheter, lire, calciner, ignorer, broyer, impressionner, la filière, la filiale, il y a un objet rouge dans l’estomac, un sillon, l’écriture, c’est arrivé, retourner, pulvériser, affaiblir, contaminer, parasiter, l’intérieur, l’enfance, dilater, jouir, planter un clou dans le ventre, hier, adoucir, comprendre, l’ornière, s’ouvrir, l’oiseau, l’océan, la distance, les déferlantes, ramer, l’eau morte, mourir, l’acheter, consolider, les mots, le carton, le souvenir, mourir, l’impression, le sillon, l’eau, le déplacement, le grand déplacement, la grande enfance, le grand vide, le petit véhicule, l’eau dans le petit véhicule, le trou, dilater, le bébé, revenir, le ventre, le bébé calciné sur un radeau, acheter, c’est vidé, il y a une ornière, c’est vide, j’achète, je dilate, empuantir, contaminer, bourrer, consolider, j’ai une crise d’angoisse, aller plus loin, il faut aller plus loin, il faut aller un petit peu plus loin, c’est un petit plus ondulé, comme ça, nous sommes en tuile renforcée, il faut acheter quelque chose, il y a plusieurs couches d’enfance, il y a plusieurs listes de choses à acheter, il faut avoir été un bébé, je suis allé acheter un bébé dans ton ventre, le bébé a été jeté dans un trou, le ciel est plein de reflets d’étoiles à travers les cumulus, il faut acheter, il faut cumuler des couches, il y a un bébé, le bébé a été jeté dans un étang dans l’enfance, ça fait glou, je saisis la violence du mouvement de l’enfant, il faut le nourrir, ça va faire plouf, je vais l’enfoncer dans l’eau, je vais garder sa tête enfoncée à l’intérieur de mon ventre sur le radeau, je suis sur le point de garder le nord, j’irai au bord de l’enfance, j’irai pique-niquer le long de la fracture, écouter du punk sur la lame du rasoir, il y aura le bébé dans l’étang sur un stand pas cher, il y aura le sillon, on va bien s’amuser, il faut creuser, il faut acheter, il faut être entre amis les jours ouvrables, il faut faire une collection, il faut faire vite, vite un peu de collections, vite entre les secondes, j’achète ça, ça c’est l’explosion dans l’eau rouge, on est en pleine semaine et je vais manger chez un ami, c’est là, je garde le nord, le bébé de couleur dans la mare, les parties broyées, reconstituer le rouge ça fait mal, il faut acheter, au sud il y a le bébé, c’est rouge l’eau est dure, il faut reconstituer le bébé, le bébé est à vendre, acheter l’enfance du bébé c’est rouge, il y a une certaine quantité de mots, il y une certaine épaisseur dans chaque partie de chaque être à un moment donné quand le mot devient rouge dans l’enfance à l’intérieur de l’estomac le long du sillon des mots d’hier qu’on enfonce dans l’eau rouge du bébé qui pleure et flotte dans son liquide sur le radeau vers le nord, on peut regarder entre les secondes, il y a le sillon, il faut acheter, le carton se renforce entre les secondes, envoyer sous terre dans le temps, consolider, il y a le ventre, les sucres et les vers, il faut acheter

animal farm

Je suis Pipi. « Je suis Pipiiiiiiiiiii ! » Je suis Caca. « Je suis Cacaaaaaa ! » Tous les Américains sont des intégristes chrétiens. « Tous les Américains sont des intégristes chrétieeeeeeeeens ! » Les psychiatres ne servent à rien et ils vous rendent encore plus fou et leurs médicaments vous bousillent le cerveau. « Le cerveauuuuuuuuuuuu ! » Le Houellebeck me donne la nausée. « La nauséeeeeeeeeee ! » Est-ce que vous l’avez lu, le Houellebeck ? « Non, nous ne l’avons pas luuuuuuuuuuu ! » Ginette est la Grande Dame de la science-fiction et tout ce qu’elle écrit est énorme. « Enoooooooorme ! » Les livres qui ne racontent pas d’histoire sont de la merde. « De la meeeeeeerde ! » Bibi boit le biberon. « Bibi boit le biberooooooon ! » Bé béééé bé-bé bêee-béé-bêee-bèèèle-biture-bible-bipède babouin-bouleversements-bipède-bouleversant écologique-balbutiements de la bobulace. « Bobulaaaaaaaaace ! » Il enseigne à l’université. « Oooooooooohhhhhh, Airrrrrssitéééééé ! » C’est la fin de la civilisation. « Zivilizazioooooooooone ! » Ne rigolez bas j’ai le rhube. « Oui j’ai le rhuuuuuuuuuuuube ! » L’écriture, t’vois quoi, c’est inné. « Pinééééééééééés ! » Samedi je me suis abonné au Temps et je brûle de vous dire pour qui je vais voter aux législatives. « Gnégnisngnatiiiiiiiives ! » J’ai un ami camérounais. « Camerounaiiiiiiiiiis ! » Le Coca ça te bousille l’estomac, pas le pinard. « Pas le pinaaaaaaaaard. » Les animaux sont supérieurs/inférieurs à l’homme. « Rayez la mention inutiiiiiiiiiile. » Putain, hein, on sait pas ce qu’ils foutent là-dedans, hein, et pis va savoir ce qu’ils font là-bas. « Là-baaaaaaaaaaaas ! » Animal Farm, Animal Farm, animer le mal, animer flemme, anus des i, ma langue, ma langue, à l’aide, annihilez formes, mal langue, à nous nos fosses mornes, assez ptisation des masses, goudronnage du bulbe, ri-ri-rigo-je-ri-gogo-le. « Animal Faaaaaaaaaaaaaarm ! »

Soldats des sables

Je poursuis mon exploration du gekiga avec Soldats de sable, recueil de nouvelles graphiques de Susumu Higa. Un noir-blanc puissant, des traits simples, expressifs, un jeu somptueux sur la lumière et les ombres, des personnages au visage épuré qui rayonnent d’humanité (ça me fait penser à du Mœbius, par moments), des paysages à couper le souffle, un art du détail, de la miniature : c’est un chef-d’œuvre ! Et le fond n’a rien à envier à la forme : ces histoires, qui se déroulent dans l’archipel d’Okinawa entre avril et juin 1945, pendant les derniers moments de la guerre du Pacifique, décrivent avec délicatesse et émotion le calvaire enduré par les civils, pris en sandwich entre les Américains et l’armée japonaise, cette dernière ayant rarement le beau rôle. Higa raconte notamment l’histoire de sa mère, puis celle de son père, sans jamais tomber dans la facilité ou l’hagiographie. Des récits bouleversants.

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Soldats de sable, de Susuma Higa (traduction : Miyako Slocombe), Le Lézard noir, octobre 2011, 264 pages.