lettre d’accompagnement

Cher. Non. Chers. Non. Bonjour. Non. Madame. Non. Après m’avoir lu vous deviendrez végétarien. Non. Mon accent est à peine perceptible et j’ai bien connu le petit-fils de Nicolas Bouvier, ou Denis de Rougemont, je ne sais plus j’avais oublié mes lunettes. Non. Quittez votre mari immédiatement. Non. Ceci est ci-joint. Non. Dans tous les cas il y a du papier. Non. Ceci est du papier, nous sommes tous en papier avec des mots. Non. Comme je n’aime pas la société j’ai décidé de ne plus me laver. Non. Ceci est un manuscrit tapé au clavier. Non. Si chacun pouvait voir dans le cœur d’un enfant, il n’y aurait plus du tout de voitures, mais quand même un peu d’homicides peut-être. Non. Je vous invite à vous soumettre. Non. Je vous mets ce cher manuscrit. Non. Je, vous, épris — accordez la sincérité. Non. Veuillez vous annexer : c’est drôle et tragique à la fois. Non. Quand j’étais petit personne ne m’aimait alors je voudrais devenir un livre. Non. Mon professeur d’hébreu m’a déconseillé les timbres, mais c’est quand même efficace si on en lèche beaucoup d’affilée. Non. Veuillez acquérir une réception. Non. J’aimerais tant être immortel, surtout pour visiter d’autres planètes. Non. La dernière fois que je suis allé à Paris j’ai trouvé les gens gentils et je suis d’ailleurs abonné aux podcasts du Collège de France. Non. Longtemps je me suis réveillé super tard, et ça continue, et vous voyez le résultat. Non. En tout cas, j’ai pris mon pied et nous nous retrouverons peut-être un jour derrière les fagots si vous aimez ça. Non. Je suis vôtre ci-joint. Non. Je veux dire que tout le monde s’appartient, au moins quelques instants.

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